Intro (parlé, glacial):
Ils m'ont donné un nom. Pas d'histoire.
Mes parents ont été assassinés — c'est pourquoi j'ai été adopté.
On m'a collé au silence comme un pansement sale. Aujourd'hui je griffe la pierre.
Couplet 1
Né dans un carton de mensonges, arraché à des étoiles mortes,
On m'a vendu des promesses en vitrine, brisées avant l'aube.
On m'a appris à rentrer mon cri dans la gorge, à avaler le poignard,
À compter mes chaînes comme on compte les nuits, sans jamais compter sur l'espoir.
Ils ont planté des lois froides sur ma peau, chaque règle un clou,
Les sourires étaient des lames gantées, leur tendresse un leurre qui saigne.
Je suis né orphelin d'origines, adopté en héritage d'absence,
J'ai appris à faire mine, à faire la vaisselle des silences.
Refrain:
Ma vie, un tombeau — j'ai fini par m'y faire,
Les cicatrices hurlent plus fort que ma bouche, elles me ferment l'air.
Abus, mensonges, mains sales et promesses en verre,
Je creuse sans carte, je connais que la nuit, je connais que l'enfer.
Couplet 2
Ils ont mis leurs griffes sous mon oreiller, leurs voix comme des coups,
Les nuits, des procès, les matins, des verdicts sans recours.
Abus qui broient, gestes qui parlent plus que les mots, mains qui prennent tout,
La dignité est une chaise cassée qu'on pose pour se moquer de la douleur.
J'ai mangé des miettes de tendresse pendant qu'ils festoyaient des faux repas,
On m'a appris à me taire quand les étoiles tombaient dans un plat.
La maison sentait la peur, le couloir un organe qui respire mal,
Chaque porte fermée résonnait comme un cercueil qui se referme.
Refrain:
Ma vie, un tombeau — j'ai fini par m'y faire,
Les cicatrices hurlent plus fort que ma bouche, elles me ferment l'air.
Abus, mensonges, mains sales et promesses en verre,
Je creuse sans carte, je connais que la nuit, je connais que l'enfer.
Pont 1 (lourd, étouffant):
J'entends encore leurs pas comme des marteaux sur mes veines,
Leurs mots comme des ongles qui grattent sous la peau du monde.
Parfois mon cœur bat en sourdine, pour ne pas réveiller la mémoire,
Parfois je sens l'odeur du feu qui n'a jamais fini de brûler la maison.
Couplet 3:
J'ai grandi avec des trous dans les poches et des trous dans la confiance,
Les miroirs me rendent un visage que je ne reconnais pas, tout en fractures.
On m'a appris la peur comme on apprend l'alphabet, lettre après lettre,
J'ai mâché des adieux que je n'avais pas choisis, avalé des départs en miettes.
Les visages autour de moi portent des masques en carton bouilli,
Ils m'ont donné des rôles et pris la peau qui savait encore sourire.
Je suis une archive d'absences, un journal de sang froid et de clous,
Je pèse mes rêves à la balance des ruines, j'en jette la plupart au clou.
Refrain:
Ma vie, un tombeau — j'ai fini par m'y faire,
Les cicatrices hurlent plus fort que ma bouche, elles me ferment l'air.
Abus, mensonges, mains sales et promesses en verre,
Je creuse sans carte, je connais que la nuit, je connais que l'enfer.