Tu sais ce qui détruit une femme, c'est pas juste tous les cris.
C'est quand elle commence à croire qu'elle mérite d'être traitée comme ça.
Pendant longtemps, j'ai essayé de sauver quelqu'un
Qui me regardait sombrer, sans jamais tendre la main.
Mais aujourd'hui, je me sauve moi-même.
Je me rappelle des murs qui vibraient quand tu criais mon nom.
Les regards de mes filles pendant que je cachais mes émotions.
Je me rappelle du silence qui tombait après chaque explosion.
Comme si l'amour ne venait qu'après la destruction.
Tu savais briser sans fracas, puis venir m'en serrer comme si de rien n'était.
Tes excuses réchauffaient les plaies froides dans mes bras.
Mais j'ai fini par comprendre que ton amour blessait.
Le casino avalait ton âme morceau par morceau.
Moi je tenais les débris d'une famille au bord du gouffre.
Je ramassais tes mensonges dans les coins sombres du passé.
Pendant que tu retournais à l'endroit où le silence est lourd.
Je pleurais seul, la porte fermée pour ne pas réveiller.
Le mascara coulait comme si mon visage portait des blessures.
Chaque nuit dans ce lit devenait une lutte sourde à gagner.
Une part de moi s'éteignait, noyée dans une mer d'ombres futures.
Mais un soir, j'ai vu mes filles dormir paisiblement.
Et j'ai compris, là devant leur calme innocent,
que si je restais, elles apprendraient que la souffrance est la mesure de l'amour.
Et ça, je ne pouvais plus l'accepter.
Alors je suis partie, cœur ouvert, main tremblante.
Morceau d'âme, mais encore vivante.
T'as voulu m'éteindre, mais je suis devenue un incendie.
T'as voulu briser, regarde-moi survivre aujourd'hui.
Mes cicatrices brillent maintenant.
Médaille d'une guerre invisible sur ma peau.
Parce qu'une femme qui survit au chaos
ne redescend jamais assez bas pour rester au sol.
Mes filles vont apprendre
qu'on mérite la douceur.
Pas les cris, pas les menaces.
Pas un amour qui ronge le cœur.
Aujourd'hui, je respire sans demander pardon.
Je marche sans craindre les bruits dans la vieille maison.
Parfois ton ombre revient, fantôme de souvenirs brisés.
Mais jamais plus je n'ouvre la porte aux tempêtes du passé.
Je me rebâtis fragile avec des éclats laissés derrière.
Chaque morceau devient tassier là où tu croyais tout ravager.
Tu pensais m'avoir vidé, mais dans mes ruines j'ai retrouvé la femme forte.
La mère qui ne cesse jamais de se battre.
Une mère devient dangereuse lorsqu'elle comprend qu'elle doit sauver
ce qu'il y a de plus pur, l'avenir que ses filles méritent.
Plus rien ne me tira vers vers ce gouffre sans fin.
Je suis l'incendie qui consomme les chaînes, pas celle qui s'y noie.
Piano et respiration seule.
T'as voulu souffler sur ma flamme jusqu'à l'éteindre.
T'as essayé d'effacer mon cri, ma voix, ma force.
T'as voulu me faire croire qu'aucun regard ne voudrait.
D'une femme brisée, détruite et blessée comme moi.
Mais écoute, les femmes qui ont survécu aux ombres les plus noires
portent en elles une lumière que rien ne peut éteindre.
Alors regarde-moi renaître au milieu des cendres que t'as laissées derrière toi.
Regarde-moi aimer mes filles comme j'aurais voulu qu'on m'aime.
Je suis plus la femme qui tremblait dans le noir.
Plus celle qui fleurait en silence dans la salle de bain.
Aujourd'hui, je porte ma douleur comme une couronne.
J'avance enfin vers ma lumière sans craindre de respirer.
Tu voulais une femme soumise.
T'as créé une survivante.
Un jour, mes filles vont me demander pourquoi je suis partie.
Et je pourrai les regarder dans les yeux sans honte.
Parce que leur mère a choisi de vivre.