[Intro – voix presque murmurée]
Le pire...
C'est pas quand quelqu'un te fait tomber...
Le pire...
C'est quand quelqu'un te donne un coup de plus...
Alors que t'es déjà à terre.
[Piano sombre]
[Verse 1]
J'ai grandi à croire que certains visages
Savaient seulement offrir la douceur, jamais la rage.
J'aurais fait n’importe quoi, même grimper les murs de leur silence,
Cherchant un éclat de lumière dans leur indifférence.
Je buvais leurs sourires comme un poison lent,
Ignorant les fissures, les fissures dans leur fond.
Chaque accolade pouvait devenir une ombre soudaine,
Un fil qui craque, une trahison qui déchaine.
Ils prétendaient vouloir mon ciel dégagé,
Mais à chaque souffle, c'était un rappel voilé.
Une main qui serre, puis un coup qui ne pardonne pas,
Les démons inconnus qui mordent, qui laissent des traces.
[Pre-Chorus]
Et moi...
Je me perdais dans le pourquoi de mes douleurs.
Me demandais si c'était moi ou ce temps sans couleurs.
Chaque cicatrice criait, chaque doute s’enchaînait,
Pourquoi ce poids en moi, pourquoi toujours me blâmer ?
[Chorus]
Parce que j'étais déjà brisée.
Déjà à l’agonie.
Luttant contre des ombres que personne ne voyait.
Je brûlais en silence, dans un combat insensé.
Pourquoi encore m’abattre ?
Pourquoi toujours juger ?
Pourquoi monter ce tableau que je ne pouvais peindre ?
[Verse 2]
J’ai porté seule les orages, les tempêtes intérieures,
Ces éclats de nuit qu’on cache derrière un éclat rieur.
Mes larmes creusaient des vallées que je taisais au matin,
Le miroir me renvoyait une inconnue qui se perdait sans fin.
Le poids sur ma poitrine, un silence qui écrase l’air,
Chaque battement un effort, chaque souffle une prière.
Mais je continue pour deux âmes aux éclats purs,
Des yeux qui cherchent leur mère, fragile mais sûre.
Même quand je m’effondrais, coulée sous le masque,
Je repliais mes ailes pour cacher mes mille failles.
[Montée]
Je survivais tandis que le monde lançait ses pierres,
Jugeant mes failles sans connaître mes prières.
Mon histoire se lisait dans chaque ride sur mon front,
Mais leurs mots étaient des coups, des vents mauvais, des ponts
Qui s’effondraient sous le poids de mon trop plein d’espoir.
[Chorus]
Parce que j'étais déjà brisée.
Déjà détruite.
Essoufflée par les combats invisibles aux éclats minces.
Accrochée aux restes d’une force qui vacille mais persiste.
Pourquoi encore m’écraser ?
Pourquoi toujours mal juger ?
Pourquoi raconter mon histoire en l’effaçant ?
[Verse 3]
Ce qui me ronge aujourd’hui, ce ne sont pas les mots,
Mais ce regard absent, ce silence trop lourd, trop froid.
Pendant que je ramassais mes fragments à mains nues,
Ils devisaient sur ma douleur comme on parle d’un spectacle inconnu.
Comme si mes nuits en pleurs étaient des histoires à dormir debout,
Comme si mes luttes étaient des rêves qui s’enfouissent sans bout.
Comme si s’accrocher à la vie demandait moins d’efforts que juger.
Comme si survivre n'était pas une victoire trop souvent ignorée.
[Bridge – explosion émotionnelle]
Jamais vus mes tremblements après minuit.
Jamais entendues les prières que je murmurais en fuite.
Jamais senti la terreur serrer ma cage,
Ni les sanglots qui se taisent sous les pages.
Vous avez tourné la tête, vous avez parlé,
Sans jamais mesurer ce que j’ai dû traverser.
Opinion livrée sans jamais pointer mes cicatrices,
Formalité d’un monde qui refuse ses lunes grises.
[Dernier Chorus – très puissant]
Parce que j'étais déjà brisée.
Mais je me suis relevée.
J'étais déjà détruite.
Mais je suis là, au milieu des éclats.
Chaque blessure est un combat que j’ai mené seule,
Chaque larme une vérité que je porte en elle.
Aujourd’hui, j’ai lâché le poids d’être comprise,
J’ai choisi de vivre, loin de ceux qui n’ont jamais appris.
[Outro – voix fragile puis forte]
Vous avez vu mes failles...
Mais jamais ma rage.
Vous avez vu mon effondrement...
Mais jamais le feu de mes renaissances.
Malgré les chaînes, malgré les tentatives,
Mon cœur fait encore battre la cadence.
Et ça...
C’est ma victoire.