Ma terre, mon monde, il est crotté, trop crotté. Notre maison, c'est la plus grosse poubelle de l’espace.
Si j’étais d’une autre planète, j'me dirais qu'c'est dégueulasse. J'me salirais pas les godasses dans un égout de crasse.
Ça l’y part, ça crottera, s'il y a pas grand’'chose de beau à voir ici. Mais mon amour, quand tu m’embrasses, c'est à ce moment que je l’oublie.
J'me pars dans le chaos, j'me demande si on vaut encore. Mais quand ton regard me traverse, j'ai l'impression qu'on peut tenir fort.
S'entretenir ensemble, car cette terre, ce sol, est dangereux, on est à risque. Pas protégé de marcher nu, pied sur de la vite.
Ma vision détruite, dégoûtée par ma propre espèce. Mais quand tu m’embrasses, c'est fou, tout devient si beau et j'oublie tout.
C'est à ce moment que tu m’appelles que la beauté existe aussi. J'ai trop souvent cette tendance à l'oublier.
Les rues sont remplies de parasites, des mouches d'affaires, des rats d'poche. Des colons d'égo qui sucent nos lumières, y en a partout, ça remplit, ça s'accroche.
Les murs suent la piste, la ville les affiche, on bouffait par des mains sales. Les politiciens suent des promesses vides, puis moi j'me sens bouffé, creusé par des balanes.
Mais quand tu t'appuies sur mon épaule, ta chaleur m'en remet l'cœur droit. J'me rappelle qu'on peut pécopler morceaux, être deux à bras et qu'on veut autre chose.
J'me barre dans le chaos, j'me demande si on vaut encore. Mais quand ton regard me traverse, j'ai l'impression qu'on peut tenir fort, s'entretenir ensemble.
Car c'est tard, ce sol est dangereux, on est à risque. Pas protégé de marcher nu, pied sur de la vite. Ma vision détruite, dégoûtée par ma propre espèce.
Mais quand tu m'embrasses, c'est fou, tout devient si beau et j'oublie tout. C'est à ce moment que tu m'rappelles que la beauté existe aussi. J'ai trop souvent cette tendance à l'oublier.
Si demain tout crisse dans l'vide, si l'feu bouffe nos rues pis nos murs. J'crirai ton nom devant la merde, qu'on crisse ensemble, qu'on tienne la braque.
Si la terre veut nous trahir, on va la niaise et on sera solidaires. On va repartir, ton amour m'accuirace, notre couple seul truc qui nous garde debout.
On se tient ensemble parce que l'air pis la terre c'est dangereux. On marche sur du vert pied nu pis le tremblant pas protégé. Tout croche à découvert, ma vue est sale.
J'suis écoeuré de ma gang, de ce monde qui bouffe tous en vergogne. Mais quand tu m'embrasses, ça c'est tout change, tout redevient beau pis j'oublie l'horreur.
C'est dans ce bec là que tu m'rappelles qu'il y a encore de la beauté que j'ai tendance à oublier.