[Intro]
Piano mineur, 88 BPM, souffle d'air sur les pads.
Je marche la nuit — les néons bavent, l'asphalte respire.
[Couplet 1]
Sur le banc du parc, une photo pliée, coin cramé,
Ton rire sur la page, café renversé, verre fracassé.
Les mains froides, je frotte ma nuque, serrure qui grince,
Le métro à deux heures avale des mots que je pince.
J'ai la ville dans la gorge, les trottoirs qui racontent,
Une porte qui claque, ton parfum qui me hante et qui monte.
Les souvenirs sont des braises — je porte l'étincelle en veille,
J'empile des phrases comme on empile des bouteilles.
[Pré-refrain — montée]
Je retiens, je crache pas, je stocke les éclats,
Chaque silence pèse, chaque souffle devient combat.
La toux dans la poitrine, rythmée comme un métronome,
Je prépare la tempête, j'aligne les syllabes comme des dominos.
[Refrain — Hook (courte, répétable)]
L'ombre de mes silences. (x3)
Elle parle fort quand je baisse la voix.
[Couplet 2]
J'ai brûlé ton nom sur une lettre, papier qui s'envole,
Un cendrier plein d'histoires, cendres qui contrôlent ma boussole.
Les rideaux tirés, la ville glisse, néon qui suinte bleu,
Une chaise vide face à la table, ton pull sur le fauteuil.
Je compte les secondes comme des coups, métrique tachycarde,
Multisyllabes qui frappent, j'découpe la nuit, j'fracture la garde.
Je marche en cadence brisée, rimes internes comme des clous,
Je dis «je vais bien» en silence — la vérité tombe à genoux.
[Pré-refrain — montée 2]
Le souffle se serre, la basse veut tout emporter,
Je monte d'un demi-ton, laisse l'émotion me guider.
On dirait que les murs écoutent, qu'ils gardent tout pour eux,
Alors j'écris pour leur rendre la voix, je leur vole un adieu.
[Refrain — Hook (courte, répétée + variation)]
L'ombre de mes silences. (x3)
Elle parle fort quand je baisse la voix.
L'ombre de mes silences.
Je la nomme, je la pose, je la casse pas — je la bois.
[Pont — Pré-refrain dynamique]
Coupure de beat, respiration courte, cœur qui s'emballe,
Je pulse les mots, je déplace les murs, je franchis la salle.
Les gestes sont précis — j'ouvre la fenêtre, j'éteins la clope,
Je jette une boîte de souvenirs, la nuit s'illumine, elle s'ouvre et s'oppose.
[Pont/Breakdown — spoken-sung]
Une photo qui tombe, le trottoir l'accueille comme un secret,
La pluie lave les traces, mais pas tout à fait.
Je transforme le silence en arme, en refrain, en scène,
Je prends mes ombres, les plie, et j'en fais des chaînes qui me mènent.
[Refrain final — Hook amplifié]
L'ombre de mes silences. (x4)
Elle hurle bas, elle m'apprend à me battre sans voix.
L'ombre de mes silences.
Je la chante, je la saigne, je la lâche pas — je fais ma loi.
[Outro — image forte inattendue]
Je laisse l'ombre à l'aube, je l'accroche au lampadaire,
Elle devient lanterne, éclaire la rue, éclaire nos repères.
Quand le jour mord la nuit, j'écris un dernier vers qui pèse,
L'ombre de mes silences s'en va — me laisse l'air, me laisse la phrase.