Outro J’ai connu la main qui frappe comme on abat un rideau,
le corps qui porte des bleus que le silence essaie de cacher.
Les excuses tombent en miettes et les portes se ferment à double tour,
la violence physique casse des vies comme on brise du verre.
Les eaux gardent mémoire, la peau raconte des histoires qu'on n’ose pas dire.
J’ai appris de mes erreurs, mais pas sans casse ni brûlure,
j’ai appris l’amour propre en raclant le fond à mains nues.
Quand tout a été pris, dignité voit à venir, on se relève en se jurant de ne plus jamais revenir.
Il y a les mots comme des lames, les humiliations qui rongent,
les cris répétés qui tordent le sens, qui font plier la colonne.
La violence psychologique isole, isole jusqu'à ne plus se reconnaître,
on doute de sa mémoire, on perd la boussole, on finit par croire que c'est de sa faute.
On sourit pour ne pas inquiéter, on apprend à disparaître vivant.
J’ai appris de mes erreurs, mais pas sans casse ni brûlure,
j’ai appris l’amour propre en raclant le fond à mains nues.
Quand tout a été pris, dignité voit à venir, on se relève en se jurant de ne plus jamais revenir.
Il y a le viol qui vole l'intime, la nuit qui devient un champ de ruines,
des corps marqués par le choc, des noms qu'on hurle et qui n'arrivent pas.
On te dit parfois, tais-toi, c'était un moment, c'est toi qui a provoqué le viol, efface le consentement,
il pille le nom et laisse la honte en héritage.
Ces blessures ne s'effacent pas d'un pardonne-moi poli ni d'un regard fuyant.
J’ai appris de mes erreurs, mais pas sans casse ni brûlure,
j’ai appris l’amour propre en raclant le fond à mains nues.
Quand tout a été pris, dignité voit à venir, on se relève en se jurant de ne plus jamais revenir.
Il y a la négligence, des enfants oubliés, des vieux laissés sans soin.
Ce n'est pas l'absence de colère, c'est priver de chaleur, de repas, de soins,
des vies qui s'éteignent, petits pas, faute d'attention, d'un regard qui reste.
La négligence tue en silence, elle grignote la vie comme une pourriture lente.
On parle de dossiers, de foyers qui n'ont pas vu de signalement trop tardif.
J’ai appris de mes erreurs, mais pas sans casse ni brûlure,
j’ai appris l’amour propre en raclant le fond à mains nues.
Quand tout a été pris, dignité voit à venir, on se relève en se jurant de ne plus jamais revenir.
Les violences se cachent dans l'intime, dans les chambres, dans les silences.
Elles touchent jeunes, vieux, hommes, femmes, sans distinction, seulement des vies brisées,
des signalements, des appels au 31-19, des refuges qui ouvrent des portes,
des plaintes qui tardent, la réalité est là, crue, documentée, témoignage, plainte,
nuit blanche et départ forcé.
J’ai appris de mes erreurs, j’ai payé en chair et en nuit blanche,
j’ai mis de l'amour propre comme pansement qu'en arme blanche.
Quand tout a basculé, j’ai tenu bon, j’ai pris la route, j’ai demandé secours,
parce que tomber n'est pas finir, se relever est un acte d'amour.
La route est longue, les traces restent, mais on peut réparer en marchant.
Si tu reconnais ces mots, si tu portes ces marques, saches, appeler n'est pas une faiblesse.
On peut tendre la main, porter plainte, partir, soigner, recommencer.
Je chante pour les survivants, pour que la honte perde son emprise, pour que la vie reprenne.